La blatte surgit et court à 4 pattes se réfugier dans les Carpates.
Le « la » est donné, l’honneur est bafoué et mémé à mal au nez.
Monstre ! Cri la tortue qui avait tout vu.
Lâche ! S’écrit la mouette battant de l’aile.
Le ciel azuré déchirait l’horizon. Le littoral encore sauvage offrait une large vue sur les montagnes du Nord mais masquait les échancrures tout au long de la falaise.
A cette heure tardive, les vies s’étaient cachées pour passer la nuit, protégée. Mais, comme à l’accoutumée, la mouette pipelette et la tortue têtue s’amusaient au large en profitant des derniers rayons du soir. Encore un moment et il ferait noir pour y voir la blatte acharnée et pas si maligne. Tout le monde se préparait pour la grande manifestation des deux mains mais cela, la blatte s’en fichait éperdument, elle qui n’avait jamais travaillé, toujours en cavale entre deux avions. Elle n’avait pas le temps pour travailler. Voilà quel était le sujet de conversation préféré de nos deux amis la mouette et la tortue. Et rien n’était plus ardu que le travail pour la tortue ; elle qui se traînait toujours à l’arrière, têtue comme une mule, chassant sans arrêt les grains de sables qui se glissaient entre ses arêtes. Ce qui ne manquait pas de faire se dresser les plumes sur les ailes des mouettes. Les deux familles marines travaillaient avec acharnement en méprisant la blatte fé-né-hante.
La blatte avait un parachute.
La mouette possédait une laitue
La tortue sortait souvent l’après-midi du côté des réverbères.
La BMT formait une société microcapitaliste et développait ses activités dans des secteurs parallèles, si bien que la concurrence des métallurgistes (les écre-vices) ne les touchait pas.
En tous cas, le contentieux qui opposait en ce moment – et durablement – la blatte et nos deux amis la mouette et la tortue se nouait autour de ceci.
Nos deux con-paires devenus complices par nécessité, qu’une chose les unissait et les re/ra-semblait : un virus photogénique devenu star du showbizz venait d’être cédé à la blatte, pour une somme somme toute modique, qui n’en faisait qu’à sa tête depuis son séjour chez sa cousine des Car-pattes. Voilà le contentieux embroglioliticolico : la mouette et la tortue étaient jalouses de l’inoculation viscérale et virale qu’avait subi leur associée en affaire car désormais celui-ci pourrait faire cavalier solitaire. Par prudence, la blatte s’était prémunie de toute fraude fiscale en duplicant la cellule souche porteuse du gène en culture in vivo. Nos deux complices criaient au pathogénisme, défendant les droits des virus opprimés par le gouvernement. La lutte faisait rage depuis la bavure, devenue célèbre aujourd’hui, et qui avait mis hors service tout un bataillon de microgènes dernière génération et un demi-régiment de cellules porteuses. La presse s’était emparée de l’affaire et le scandale s’était répandu dans tout le pays, sans « coup férir ».
La blatte avait joué finement pour une fois en faisant mentir les mauvaises langues.
La nuit était maintenant tombée et chaque famille marine dormait du sommeil du juste.
Même la blatte se sentait défaillir.
Chutt…..