Vendredi 24 février 2006

« Donné au taoïste Kiun-Li de Wou-Wei », Ngeou-yang Sieou :

 

Le taoïste de Wou-Wei, de sa cithare de trois pieds,

Tire des sons infinie, venant du fond des âges ;

Telle une eau qui court sur le galet

Et sourd des profondeurs, inépuisable.

 

Les doigts touchent la corde, mais la musique vient du cœur ;

Et ce n’est plus l’oreille, c’est l’âme qui entend.

Cette harmonie de cœur et d’âme fait oublier toute forme corporelle ;

Je n’ai plus conscience du ciel ni de la terre, ni du nuage de la tristesse qui assombrit le jour.

par Jahman publié dans : Poésie chinoise
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Vendredi 24 février 2006

« Inscription pour l’ermitage de Li Ning », Kia Tao :

 

Un asile de paix, peu de monde alentour :

La sente herbue s’engage en un jardin sauvage.

Près de l’étang, les oiseaux nichent dans les arbres ;

Un moine sous la lune vient frapper à la porte.

 

En traversant le pont, je fends le paysage ;

En bougeant les rochers, je meus la base des nuages.

Pour un temps je m’en vais, puis reviendrai te voir,

Et ce refuge, où, pour nos rendez-vous, je n’ai qu’une parole.

par Jahman publié dans : Poésie chinoise
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Jeudi 23 février 2006

« Montagne printanière au clair de lune », Yu Leang-che[1] :

 

Que de splendeurs dans les montagnes, au printemps !

J’y prends tant de plaisir que j’oublie de rentrer pour la nuit.

Quand je puise de l’eau, la lune est dans mes mains ;

Je joue parmi les fleurs, et leur parfum m’imprègne.

 

O joie ! Il n’est plus rien qui soit ni loin ni près.

Je veux partir, mais tous ces parfums me retienent.

Là-bas au Sud tinte une cloche ;

Pavillons et terrasses émergent des brumes bleues.


[1] Yu Leang-che a vécu dans la seconde moitié du 8e siècle.

par Jahman publié dans : Poésie chinoise
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Jeudi 23 février 2006

« Réponse à Tch’ang Tang le réviseur », Wei Ying-wou :

 

Soudainement j’ai rejeté ma charge,

Et j’ai caché mes traces dans les champs.

L’astre naissant éclaire ma chaumière ;

Dans un bosquet je vis modestement.

 

Il est bien vrai que ma richesse est nulle ;

Mais j’ai toujours pu boire mon content.

Je suis heureux que la moisson mûrisse,

Et je bénis l’œuvre du Tout-Puissant.

 

Mon existence est celle d’un du peuple, [ ?]

Et mes travaux ne son points différents :

Au torrent Sud je coupe les bambous ;

Puis je reviens, le soir, à l’Est du Fong.

 

La pauvreté me pousse à la retraite,

Mais non l’amour d’exemples éminents.

Lorsque j’ai lu votre chère missive,

Mes traits ont lui de son rayonnement.

Jour après jour, j’ai voulu vous répondre ;

Mais l’hiver fuit, déjà vient le printemps !

par Jahman publié dans : Poésie chinoise
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Jeudi 23 février 2006

« A un moine taoïste de la montagne Ts’iuan-tsiao », Wei Ying-wou :

 

 

 

Ce matin le bureau du chef-lieu est bien froid ;

Soudain je pense à l’hôte de la montagne.

Lie-t-il des fagots de ronces près du torrent

Pour faire cuire à son retour des pierres blanches[1] ?

 

 

 

Je voudrais prendre une calebasse de vin,

Et aller égayer son soir de mauvais temps.

Mais les feuilles tombées couvrent les monts déserts :

Pourrais-je retrouver les traces de ses pas ?


[1] Allusion à un moine taoïste de l’antiquité qui, parti en mer en n’ayant plus de vivres, aurait faire cuire des pierres blanches pour s’en nourrir.

par Jahman publié dans : Poésie chinoise
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