Poésie chinoise

Lundi 20 mars 2006 1 20 /03 /Mars /2006 17:06

Venu au mont Dai-Tian visiter un homme du Dao, je ne le trouves pas

 

Au bruit de l’eau se mêlent des abois ;

Vive est la fleur du pêché sous l’ondée.

On voit un cerf, parfois, au fond des bois ;

On n’entend pas la cloche en la vallée.

 

De grands bambous coupent le brouillard vert ;

D’un pic d’azur jaillit une fontaine.

Où donc est-il ? Nul ne l’a découvert.

Et je m’appuie à deux, trois pins, en peine.

 

 

Buvant tête à tête avec un ermite dans la montagne

 

Nous buvons tête à tête aux fleurs du mont s’ouvrant ;

Une tasse, une tasse, et encore une tasse !

Ivre, je veux dormir ; Seigneur, pars à présent !

Demain matin, veux-tu ? prends ton luth et repasse !

 

 

En cherchant l’honorable maître Yong dans sa retraite

 

L’azur des pics du ciel est familier ;

Le temps s’oublie au sein des libres courses.

Dans un nuage on cherche le sentier ;

Ou contre un arbre on écoute les sources.

 

Tièdes les fleurs où s’étendent le bœuf noir ;

Hauts sont les pins où dort la blanche grue.

Tout en parlant, le fleuve vire au soir ;

Seul, je descends dans le froid et la nue.

 

 

En descendant du mont Zhong-nan je passe chez le montagnard Hu-si qui m’héberge et me sert du vin

 

Du mont, le soir, je dévale la pente ;

Je m’en reviens de sa lune suivi.

Je me retourne et regarde la sente :

Lointain confus d’un bleu tout assombri.

Tu prends ma main, la ferme se présente ;

Pour nous ouvrir on trouve ton petit.

Des bambous verts encombrent une sente ;

Du lierre bleu caresse mon habit.

 

Causer me plaît dans ce lieu de détente ;

Après le vin quelques moments brandi,

« Vents dans les pins », voilà l’air que l’on chante !

Les astres, quand il s’achève, ont pâli.

 

Moi qui suis ivre et toi que tout enchante,

Oublions donc gaîment ce monde-ci !

 

 

En écoutant Jun le bonze de Shu jouer du luth

 

L’homme de Shu, tenant sa Verte-Soie,

Descend par l’ouest le pic des Sourcils-Fins.

Pour moi sa main rien qu’une fois tournoie :

On croit entendre en mille vals les pins.

 

Le cœur de l’homme est lavé d’eau qui court ;

Un son de reste entre, cloches givrées.

On ne sent pas au mont la fin du jour ;

Ce sont combien d’automnales nuées ?

 

 

Fait après avoir cherché en vain un bonze des montagnes

 

La sente en pierre entre au val vermillon ;

Sa porte en pin de lichen bleu se couvre.

Des pas d’oiseaux marquent l’oisif perron ;

Dans la maison de Chan personne n’ouvre.

 

Par la fenêtre on voit un plumeau blanc ;

Il pend au mur, plein de poussière et poudre.

Cela me fait soupirer, vainement ;

Je veux partir, je ne peux m’y résoudre.

 

Les monts, d’encens en nuage, couverts,

Du ciel voici venir des fleurs en pluie.

Si dans le vide existe des concerts,

S’entend plus sûr un gibbon bleu qui crie !

 

Vraiment je romps les liens de l’univers ;

Combien alors cette terre m’ennuie !

Par Jahman - Publié dans : Poésie chinoise
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /Fév /2006 04:16

« Donné au taoïste Kiun-Li de Wou-Wei », Ngeou-yang Sieou :

 

Le taoïste de Wou-Wei, de sa cithare de trois pieds,

Tire des sons infinie, venant du fond des âges ;

Telle une eau qui court sur le galet

Et sourd des profondeurs, inépuisable.

 

Les doigts touchent la corde, mais la musique vient du cœur ;

Et ce n’est plus l’oreille, c’est l’âme qui entend.

Cette harmonie de cœur et d’âme fait oublier toute forme corporelle ;

Je n’ai plus conscience du ciel ni de la terre, ni du nuage de la tristesse qui assombrit le jour.

Par Jahman - Publié dans : Poésie chinoise
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /Fév /2006 04:15

« Inscription pour l’ermitage de Li Ning », Kia Tao :

 

Un asile de paix, peu de monde alentour :

La sente herbue s’engage en un jardin sauvage.

Près de l’étang, les oiseaux nichent dans les arbres ;

Un moine sous la lune vient frapper à la porte.

 

En traversant le pont, je fends le paysage ;

En bougeant les rochers, je meus la base des nuages.

Pour un temps je m’en vais, puis reviendrai te voir,

Et ce refuge, où, pour nos rendez-vous, je n’ai qu’une parole.

Par Jahman - Publié dans : Poésie chinoise
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Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 02:00

« Montagne printanière au clair de lune », Yu Leang-che[1] :

 

Que de splendeurs dans les montagnes, au printemps !

J’y prends tant de plaisir que j’oublie de rentrer pour la nuit.

Quand je puise de l’eau, la lune est dans mes mains ;

Je joue parmi les fleurs, et leur parfum m’imprègne.

 

O joie ! Il n’est plus rien qui soit ni loin ni près.

Je veux partir, mais tous ces parfums me retienent.

Là-bas au Sud tinte une cloche ;

Pavillons et terrasses émergent des brumes bleues.


[1] Yu Leang-che a vécu dans la seconde moitié du 8e siècle.

Par Jahman - Publié dans : Poésie chinoise
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Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /Fév /2006 02:00

« Réponse à Tch’ang Tang le réviseur », Wei Ying-wou :

 

Soudainement j’ai rejeté ma charge,

Et j’ai caché mes traces dans les champs.

L’astre naissant éclaire ma chaumière ;

Dans un bosquet je vis modestement.

 

Il est bien vrai que ma richesse est nulle ;

Mais j’ai toujours pu boire mon content.

Je suis heureux que la moisson mûrisse,

Et je bénis l’œuvre du Tout-Puissant.

 

Mon existence est celle d’un du peuple, [ ?]

Et mes travaux ne son points différents :

Au torrent Sud je coupe les bambous ;

Puis je reviens, le soir, à l’Est du Fong.

 

La pauvreté me pousse à la retraite,

Mais non l’amour d’exemples éminents.

Lorsque j’ai lu votre chère missive,

Mes traits ont lui de son rayonnement.

Jour après jour, j’ai voulu vous répondre ;

Mais l’hiver fuit, déjà vient le printemps !

Par Jahman - Publié dans : Poésie chinoise
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